CRIEF : Almamy Condé conteste ses condamnations en appel

Le procès en appel d’Almamy Condé s’est ouvert ce mardi 20 octobre 2026 devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Condamné en première instance à trois ans d’emprisonnement avec sursis, à deux milliards de francs guinéens d’amende et au paiement de dix milliards de francs guinéens à l’État, l’ancien cadre du Trésor public conteste une partie de cette décision. Sa défense remet notamment en cause les condamnations pour corruption d’agents publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, alors que son client a été relaxé des faits de détournement de deniers publics. Elle estime également que le préjudice subi par l’État n’a pas été suffisamment établi.

De leur côté, le ministère public et l’Agent judiciaire de l’État contestent la relaxe pour détournement de deniers publics. Ils estiment que les éléments du dossier permettent d’établir la culpabilité du prévenu. À la barre, Almamy Condé a rejeté l’ensemble des accusations. Il affirme avoir bâti sa fortune grâce à des investissements agricoles commencés en 2001, avant son entrée dans la fonction publique en 2002. Il évoque notamment une exploitation de 55 hectares à Bambakhouré, dans la préfecture de Forécariah, qui lui aurait rapporté jusqu’à 150 millions de francs guinéens par an.

L’ancien responsable reconnaît posséder plusieurs immeubles à Conakry, des stations-service et une carrière de granite. Pour vérifier l’origine et les conditions d’acquisition de ces biens, la Cour lui a demandé de fournir plusieurs documents justificatifs, notamment des titres de propriété et des reçus d’acquisition. L’affaire a été renvoyée au 17 novembre 2026 pour la poursuite des débats.